Les voeux 2017 de Waldighoffen… triste enterrement de la démocratie

Le samedi 14 janvier 2017, la commune de Waldighoffen avait convié son petit monde pour la cérémonie des vœux du Maire. Au départ, c’était une cérémonie des vœux très sympathique, notamment grâce à l’excellente prestation de la musique Concordia et des enfants de la classe CE2-CM1-CM2 bilingue de Waldighoffen, sous la houlette bienveillante de M. Henri Fritsch.

On a senti l’ambiance se gâcher une première fois, quand l’hypercumulard (en nombre de mandats et en durée) député-maire d’Altkirch a fait une entrée très discrète… il est arrivé en attendant soigneusement que tout le monde soit bien assis pour bien se faire remarquer. On ne se refait pas…

Les vœux « footballistiques » du maire étaient à la hauteur, même s’il se serait grandi en rendant un hommage plus appuyé à son prédécesseur, fondateurs avec d’autres de la Communauté de communes Ill et Gersbach, Henri Hoff, et s’il avait eu le courage de dire haut et fort ce que tout le monde pense tout bas : la fusion forcée de cette comcom dans un grand gloubi boulga, ça ne passe pas !

Ces vœux avaient tout, en effet, d’un enterrement en catimini de notre structure supra-communale efficace, bien gérée, qui offrait le plus de services aux habitants pour le meilleur coût, ladite comcom.

On a bien senti l’amertume (compréhensible et normale) de M. André BOHRER, lui qui est désormais l’ex-président de l’ex-communauté de communes Ill et Gersbach, dans son discours. Je n’ai pas trop compris s’il nous a annoncé sa candidature à la présidence ou à une vice-présidence (il y en aura 14, paraît-il, et il se murmure que Jean-Luc Reitzer y serait aussi candidat) du gloubi boulga.

Et puis ont commencé les discours fumeux… Celui de Nicolas Jander, qui arrive au pupitre tendu comme un ressort. En le voyant, je ne peux pas m’empêcher de penser à la transformation du Gollum dans le Seigneur des Anneaux ou à celle d’Anakin dans la Guerre des étoiles. Lui qui a tant de fois retourné sa veste ne semble plus savoir comment mettre son costume pour servir son nouveau maître. Ses traits sont tirés, il est plus maigre, plus sombre… On sent bien qu’il ne respire pas franchement la sérénité. Quand on trahit ses valeurs et ses amis pour un strapontin, il faut assumer.

Ne vous inquiétez pas, nous explique-t-il, il croit en des jours meilleurs dans cette nouvelle comcom géante, comme il croit aussi, avec ses nouveaux habits de droite, à la méga structure néfaste du Grand est. On sent d’ailleurs que son propos tient plus de l’incantation que de la Foi. Il se permet même de tacler le maire qui l’invite… Insupportable cette arrogance.

Il nous parle aussi des emplois à préserver dans le Sundgau, lui, qui avec son maître Jean-Luc Reitzer a payé plus de 200 000 euros à l’une des dernières industries du Sundgau pour qu’elle aille s’installer ailleurs, histoire de laisser la place à une grande zone commerciale qui achèvera le centre-ville d’Altkirch. Plus de 20 emplois stables sont partis à Wittelsheim… pour céder la place à des emplois précaires de grande surface. Ces politiciens qui font le contraire de ce qu’ils disent, voilà bien l’une des raisons de ce dégoût qu’ils inspirent de plus en plus.

Je commence à bouillir tant il est pénible d’être obligé de rester assis à supporter cette communication à sens unique. Et le voilà qui pleure… le pauvre, le Conseil général n’a plus le sou. On le voit sur les routes, mais bon. Et de nous faire la leçon sur son utilité (on ne sait pas trop s’il parle de lui ou du Conseil général…). Il y a bien quelques applaudissements à la fin, mais aussi des sifflets… tient, tient, serait-ce un signe que quelque chose ne roule plus ?

Arrive un inconnu sur le devant de la scène. Comme il ne se présente pas et que personne n’a pris la peine de l’annoncer, beaucoup ne semblent pas savoir qui il est (en fait, il s’agit de M. Laurent Wendlinger, qui pour sécuriser son exploitation a accepté d’oublier que la terre qu’il sait si bien cultiver est alsacienne). Il se met à citer un champion de trampoline (on comprend mieux son sens du rebond professionnel) pour nous expliquer que le changement s’est positif et nous donner la recette pour le réussir… et tant pis si personne ne veut de sa grande région, c’est comme pour la grande comcom, vous êtes en démocratie, donc fermez-là, et faites ce que l’on vous dit de faire ! Quand il nous transmet les vœux de Richert, ça m’a fait le même effet que si Pétain avait souhaité de bons vœux aux Français en 1946… Je me suis levé et je suis parti avec ma petite famille, l’indécence à des limites !

Ça m’aura permis d’éviter les vœux de deux autres grands fans du centralisme parisien, Jean-Luc Reitzer et Patricia Schillinger.

Parce qu’au final, comme pour la fusion de l’Alsace dans le Grostesque Grand Est, ces fusions forcées de communautés de communes c’est la démocratie qui fout le camp et qui s’éloigne du peuple. Bientôt, pour payer ses factures à la comcom, il faudra se rendre à… Altkirch.

Altkirch… sa forêt enchantée qui n’enchante plus et son député-maire, la Paluche, grand vainqueur de cette réforme ! Il a mis tout le monde KO, le monsieur, respect !

Voilà bientôt 30 ans qu’il cumule tout ce qui est cumulable. En 2002, notre surhomme a même réussi à cumuler 4 mandats :

  • Député,
  • Conseiller général avec une vice-présidence déléguée,
  • Président de la Communauté de communes d’Altkirch,
  • Maire d’Altkirch

Bien entendu, les Sundgauviens attentent encore l’aspect positif de cette « proximité » avec sa circonscription (c’est l’argument n° 1 des cumulards), par exemple avec une route qui permettrait d’aller à Mulhouse en moins d’une demi-heure depuis Ferrette, ou avec des dessertes de transport en commun vers la Suisse.

Dire qu’à un moment, son association de lobotomisés, « les Amis de Jean-Luc Reitzer » avec la complicité bienveillante de la presse (avec les dettes qu’il fait pour les structures qu’il gère le Crédit Mutuel tient là un bon client et met donc ses organes de presse [L’Alsace et les Dernières Nouvelles d’Alsace] à son service, et tant pis pour l’information objective) a même essayé de nous faire croire qu’il était ministrable… sauf qu’à Paris, il ne serait pas en odeur de sainteté, celui qui est surnommé là-bas « l’homme des coups bas ».

Je m’égare… Je disais donc qu’il était le grand gagnant de ces fusions forcées. Eh oui, parce qu’Altkirch et sa comcom sont les champions du monde des impôts et de l’endettement et un peu aussi des comptes non sincères (c’est la Cour Régionale des Comptes qui le dit). Altkirch, c’est un peu la Grèce de l’Europe…

Et ces fusions que sont-elles au final ? Une prime au mauvais gestionnaire, un cadeau du ciel pour ceux qui avaient conduit les collectivités qu’ils gèrent au bord du gouffre et une pénalité pour les bons gestionnaires !

Comment en effet ne pas voir l’effet direct sur nos impôts ? On a tous vu fleurir les pancartes « Halte au racket fiscal » à Hirsingue quand cette commune a rejoint la Communauté de communes d’Altkirch… Désormais, c’est tout le Sundgau qui va sentir passer la pilule amère de la gestion de Jean-Luc Reitzer et Nicolas Jander, son ministre des finances.

Par contre, pour les habitants de la communauté de communes d’Altkirch, tout ira bien merci, pour eux, ça ne pourra que baisser, même si, devant le gouffre que transmet Reitzer aux autres comcoms obligés de fusionner avec la sienne, il a été convenu qu’une mesure de lissage sur 10 ans serait mise en place…

Le système français marche donc totalement sur la tête ! Voilà qu’il démonte des structures démocratiques efficaces, pour créer des monstres dont on peut aisément imaginer les complications qui vont apparaître…

C’est d’autant plus stupide que c’est imposé par la force depuis Paris, sans aucune consultation des citoyens, en mettant des couteaux sous la gorge des élus. Rassurez-vous, nous serions toujours dans une démocratie, même si le Conseil de l’Europe a encore récemment rappelé la France à l’ordre.

 

Publié par

Jean-François Mattler

Je suis un poisson du 7 mars 1965. Bien que né à Mulhouse et ayant grandi à Wittenheim, je suis un arrière-petit-fils de Sundgauviens, de Waldighoffen et de Riespach côté paternel et de Walheim et Altkirch, côté maternel. N’en déplaise à un Premier ministre de la France, binational franco-suisse (nationalité suisse non assumée), d’origine catalane par son père, je suis du peuple alsacien !

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